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courrier à Fadela AMARA
Roissy, le 6 décembre 2007
Madame le Secrétaire d’Etat,
Aussi bien Monsieur Laurent WAUQUIEZ, sur les ondes le lundi 03 décembre dernier, que Messieurs François CHEREQUE, François PUPPONI (maire de Sarcelles) et bien d’autres, tous ont évoqué le fait qu’aller travailler à l’aéroport de Roissy en habitant Villiers le Bel et les environs (Sarcelles, Garges, Gonesse, Arnouville, etc…) relevait d’une mission quasi impossible.
Pourtant, Roissy crée 7000 emplois par an, n’est qu’à 7 kilomètres, et pourtant il faut plus d’une heure et demie pour la rejoindre par les transports en commun, en passant obligatoirement par Paris. Tout en n’oubliant pas que les activités y relèvent, pour la plupart des salariés, d’horaires décalés incompatibles avec les transports en commun.
Mais, Madame le Secrétaire d’Etat, on pourrait créer une ligne directe de RER entre Villiers le Bel et Roissy, rien n’y changerait…
En effet, les syndicalistes de terrain que nous sommes tiennent à vous alerter sur le problème des badges aéroportuaires.
Vous n’ignorez pas qu’il faut être détenteur d’un titre d’accès pour pouvoir travailler sur la plate forme. Les autorités se réfèrent aux fichiers STIC et JUDEX, et le Sous-Préfet chargé de la sûreté prend, seul, la décision d’accorder ou pas, de renouveler ou de supprimer ce badge d’accès.
Vous n’ignorez pas, non plus, que bien des jeunes des environs (Val d’Oise, Seine Saint Denis) ont des inscriptions sur leurs fichiers de police. Bien souvent pour des faits mineurs, voire même très mineurs.
Savez-vous que s’être fait prendre en fumant un joint à 14 ans ne permet plus de travailler à Roissy 10 ans plus tard ? Même chose pour des vols de mobylettes, d’enjoliveurs, de chiens dangereux sans muselières, de délits automobiles, etc…
Savez vous également que les décisions portées par les différents sous-préfets qui se succèdent sont souvent entachées d’appréciations pour le moins discutables, l’appartenance ethnique et le faciès ayant beaucoup d’importance dans le choix pris ? Au passage, on appréciera l’hypocrisie de ces fonctionnaires qui se réfugient dans le fait que la décision de ne pas embaucher relève des directions des entreprises de l’aéroport, alors que ce sont bien eux qui ont pris la décision de ne pas accorder le badge indispensable.
Savez vous que, trop souvent, ce qui est inscrit sur les fichiers de police aurait dû être effacé après un certain délai, ce que la CNIL est dans l’incapacité de vérifier, faute de moyens ? Ne permettant pas ainsi le droit à l’oubli et à la rédemption… Au demeurant, laissez nous vous dire que bien de ces décisions ruinent tous nos efforts dans le cadre de l’insertion des jeunes.
D’ici quelques semaines, vous allez présenter un rapport sur la ville. Nous pensons que ce problème des badges (que l’on retrouve dans d’autres industries : centrales nucléaires, zones portuaires, gardiennage et sécurité, etc…) doit être intégré dans vos réflexions et solutionné.
Il existe des pistes, notamment dans le cadre du recours, que nous sommes prêts à évoquer avec vous.
En espérant que vous aurez à cœur de bien vouloir accorder une attention à notre remarque, nous vous prions d’agréer, Madame le Secrétaire d’Etat, l’expression de notre haute considération.
CFDT Groupe Air-France
