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Motion du conseil fédéral FGTE
MOTION adoptée à l’unanimité par le conseil fédéral FGTE des 9 et 10 avril 2008
Le conseil fédéral de la FGTE, réuni les 9 et 10 avril 2008, est scandalisé par les menaces qui pèsent sur le fonds de réserve des retraites. Le fond de réserve des retraites destinés à atténuer les effets du choc démographique n’a pas de ressources stables et les recettes des privatisations sont maintenant orientées aux moins partiellement vers le budget de l’Etat. La presse (La Tribune et le Canard Enchaîné)fait état d’un projet du gouvernement de fusionner le fond de réserve de retraite avec la caisse d’amortissement de la dette sociale dès 2009 pour ramener la dette publique de 66% à 64%, faisant ainsi disparaitre ce fonds de réserve. La CFDT revendique au contraire le doublement du prélèvement sur les revenus du patrimoine et de placement et la pérennité du fonds de réserve des retraites.
Le conseil fédéral est contre l’établissement d’un lien automatique entre le taux d’emploi des seniors et l’allongement de la durée de cotisation.
Il rappelle que le taux d’emploi des seniors n’est pas le seul critère à prendre en compte. La prise en compte de la pénibilité est un autre préalable à l’allongement de la durée de cotisation.
Hors, alors que la pénibilité est un élément de la réforme de 2003, la négociation interprofessionnelle commencée en 2005 est toujours en panne. Le patronat ne veut pas prendre en compte les inégalités d’espérance de vie comme base d’ouverture d’un droit à réparation. Il s’en tient à un examen individuel des séquelles de l’activité professionnelle constatables à l’approche du départ à la retraite. Dans la fonction publique l’Etat employeur n’a rien négocié, s’il a maintenu l’âge de départ anticipé pour certaines catégories d’agents, l’application des nouvelles règles de calcul de la pension le rend impossible à moins de subir une baisse importante de la pension.
Par ailleurs, l’amélioration du taux d’activité des séniors ne doit pas déplacer le problème en concentrant davantage la précarité et le chômage sur les jeunes. Aujourd’hui, l’amélioration des chiffres du chômage se fait au prix d’une dégradation des conditions d’emploi. Les CDD, CTT et temps partiel se multiplient, cette précarité aura des effets au moment où les salariés feront valoir leur droit à la retraite.
Se prononcer pour le principe d’un allongement de la durée de cotisations et même, au delà, proposer des mécanismes déclencheurs pour un allongement de la durée de cotisations, c’est exposer la CFDT a de fortes incompréhensions chez les salariés. Les incohérences du gouvernement et du patronat sur la pénibilité, sur l’emploi notamment des séniors, sur le financement, impose à la CFDT une expression claire et sans équivoque qui s’oppose à tout allongement de la durée de cotisations dans le contexte actuel.
Le conseil fédéral demande à la confédération d’étudier la possibilité d’action interprofessionnelle sur la pénibilité.
