Marins : Le salaire à la part du marin pêcheur, une garantie contre la complaisance
Marins
Le salaire à la part du marin pécheur, une garantie contre la complaisance.
Les pêcheurs CFDT l’ont perçus lors des travaux du Grenelle de la Mer. Certaines voix, plus ou moins sollicitées par des représentants des pouvoirs publics s’élèvent contre le mode de rémunération à la part dans la pêche artisanale qui serait coupable de pousser à la productivité et donc a proscrire pour protéger la ressource.
Sylvie Roux responsable de la CFDT Pêche s’inscrit en faux. « Le salaire à la part est un élément indispensable d’une conception responsable de la pêche ». La rémunération de tout l’équipage, patron et marins pêcheur est fondée sur la masse partageable c’est à dire le chiffre d’affaire, le produit de la vente, diminuée des frais communs, et dépend de la quantité, la qualité, du prix de vente… L’équipage est solidarisé même si la part du patron est augmentée par rapport à celle des marins.
Ce mode de rémunération a été codifié en 1926 comme un salaire dans le code du travail maritime. Le marin pêcheur est un salarié intéressé, il dispose d’un bulletin de salaire. Cette pratique date en France de Colbert, et n’est pas généralisée en Europe.
D’autres pays pratiquent différemment : le patron empoche l’intégralité du chiffre d’affaire et verse un salaire. On voit alors apparaître les marins pêcheurs du tiers monde, sud américains par exemple en Espagne. N’est-ce pas la garantie apportée par ce statut particulier à la conception de la pêche artisanale qui pose problème à certains libéraux ?
Ou pense-t-on sérieusement que la gestion responsable de la ressource découlera de l’extension de la complaisance ?
La CFDT s’oppose à ce que la question soit traité dans la configuration du Grenelle de la Mer. Elle n’entend pas voir dicter de règles sur le montant et la forme de rémunération par des acteurs extérieurs aux patrons et marins pêcheurs. « Le salaire c’est le domaine des acteurs sociaux, que les autres acteurs assument leur part de responsabilité avant de se mêler des problèmes des autres » dénonce Sylvie Roux « qui précise que l’accord sur le salaire minimum signé par les partenaires sociaux en février 2008 pour constituer un filet de sécurité en cas de difficulté attend toujours son arrêté d’extension. Quand la crise est passée, les pouvoirs publics n’ont plus la même ardeur à résoudre les problèmes. La pêche durable a plus besoin d’une action suivie que de politique spectacle. ¡
