Bureau national confédéral
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Des 14 et 15 avril Intervention FGTE dans le débat d’actualité revendicative (extraits) par André Milan, Secrétaire général de la fédération
Les salariés français et manifestent leur mécontentement. En résumé : beaucoup d’engagements pris et peu de promesses tenues !
Le 23 mars, ils ont manifesté pour réaffirmer l’urgence de la demande sociale. Les engagements devaient rendre confiance aux citoyens. Le " travailler plus pour gagner plus " devait résoudre la question du pouvoir d’achat et créer du travail. Résultat, le chômage augmente et la masse salariale baisse de 1,3 %.
Le dispositif de soutien aux heures supplémentaires qui coûte 4 milliards à l’Etat est aussi un mauvais choix surtout quand ces mêmes 4 milliards représentent l’équivalent de 420 000 emplois à plein temps.
L’Etat employeur plutôt qu’améliorer le pouvoir d’achat des fonctionnaires préfèrent en supprimer un sur deux, et même aller au-delà comme c’est le cas, dans notre champ fédéral, au MEEDDM. 100 000 emplois de supprimés en à peine 3 ans rien que dans la fonction publique d’Etat, ce sont non seulement des emplois en moins pour les jeunes qui sortent du système scolaire, mais ce sont aussi des services publics qui sont atteints.
La CFDT doit combattre le désengagement de l'Etat dans de nombreux domaines comme le logement social, les transports collectifs et plus généralement les services publics, qui aggrave les inégalités territoriales, restreint l'accès aux services publics et dégrade les conditions de travail.
Sans parler de la politique fiscale et de son célèbre bouclier et sans parler du silence assourdissant du patronat. Ce ne sont pas les revenus du travail que défend le bouclier fiscal, mais les revenus de la rente, ce n’est pas d’un bouclier fiscal que nous avons besoin, mais d’un bouclier social.
Il semblerait donc que 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté ne soient pas suffisant pour sortir le patronat et le gouvernement de leurs inactions. Malheureusement travailler ne protège plus de la pauvreté et si nous voulons vivre dans une société en paix, il est temps d’apporter des réponses à l’explosion des inégalités sociales.
La note d’actualité revendicative propose un glissement sémantique qui m’interroge. Celle-ci passe du partage des richesses au partage de la valeur ajoutée et donc de notre seule action dans l’entreprise, renvoyant à la fiscalité la correction des inégalités.
La question du partage des richesses est également au centre du débat sur la protection sociale, et notamment de la question des retraites. Obtenir l’équilibre du système en faisant peser sur un pseudo choix du salarié, qui pourrait choisir entre partir plus tôt et avoir une petite retraite ou partir plus tard et avoir une meilleure retraite, c’est oublier la question du plein emploi, de celui des jeunes et des séniors, des carrières éclatées, non complètes, notamment celle des femmes. C’est oublier que tous les salariés ne sont pas égaux en termes de capacité à travailler au-delà de 60 ans (en France, l’intensification du travail a atteint des limites qui conduisent parfois à des drames, comme des suicides). Faire de la variation des pensions le moyen d’équilibre des systèmes est inacceptable. Mieux partager les richesses par une augmentation et une diversification des financements, au-delà des seules cotisations, et notamment que les sommes consacrées à des incitations fiscales à la capitalisation soient réorientées vers les systèmes obligatoires par répartition doivent guider les choix faits par la CFDT.
Notre revendication, réaffirmée dans le projet de résolution, de transformation sociale ne peut nous éloigner des autres catégories de citoyens. Le partage des richesses ne s’impose pas uniquement pour des raisons sociales mais est indispensable au fonctionnement de l’économie. Le partage de la valeur ajoutée est un élément du partage des richesses, il ne peut s’y substituer à moins d’avouer notre impuissance à agir sur les injustices.
Mon propos n’est pas de polémiquer mais d’alerter sur des situations dramatiques de millions de français pris dans une crise qu’il ne comprennent pas.