Attention fragile ! Le transport aérien dans la tempête
Un nuage passe ....
Attention fragile ! Le transport aérien dans la tempête
L’épisode géologico-météorologique que nous traversons démontre une fois de plus l’extrême fragilité de l’industrie du transport aérien. Des avions cloués au sol dans tout le nord et l’est de l’Europe, des passagers et des équipages disséminés sur la planète entière en attente de décollages hypothétiques sans cesse remis à plus tard, des salariés des aéroports fermés, sans activité.
Les coûts engendrés sont pharamineux et les conséquences économiques risquent encore une fois de se répercuter sur le champ social. Car, état de catastrophe naturelle ou pas, gageons que la variable d’ajustement utilisée frappera encore les salariés. L’Union Fédérale Aériens FGTE - CFDT demande de son côté, un rendez vous d’urgence avec les autorités de tutelle pour que des mesures spécifiques soient adoptées.
Depuis plus de vingt ans, le secteur du transport aérien est confronté en première ligne aux décisions politiques, aux modèles économiques et aux contraintes environnementales. La globalisation de l’économie en a été le premier facteur. Les concentrations industrielles, fusions-acquisitions et autres prises de participation ont fait de cette industrie un modèle de concurrence pour l’ensemble des secteurs. Sous cette contrainte, des milliers d’emplois ont été supprimés ou précarisés. La course à la concurrence, la baisse des coûts du travail et les directives de libéralisation ont obligé les opérateurs du transport aérien, soit à s’adapter, soit à disparaitre. Les personnels des compagnies aériennes et des sociétés d’assistance aéroportuaire ont inévitablement été utilisés comme variable d’ajustement !
Le deuxième choc nous est tombé dessus le 11 septembre 2001 lors du plus odieux attentat que le transport aérien ait connu. Certes, nous connaissions les détournements et les actes de piraterie qui ont conduit les états à développer la sûreté aérienne, mais depuis le "11 septembre", les filtres sûreté-sécurité ont été considérablement renforcés dans tous les aéroports, ce qui a fait croître vertigineusement les coûts. Là encore, ce sont les salariés qui ont servi de variable d’ajustement !
Récemment, la crise financière, économique et sociale a, de nouveau, porté un coup très rude à notre industrie et là aussi ce sont les salariés qui en pâtissent. Nul plan de relance n’est venu à leur secours et ce sont encore des milliers de suppressions d’emplois qui ont sanctionné les salariés du transport aérien. Pour l’Union Fédérale Aériens FGTE-CFDT, c’est un coup de trop ! Les salariés seront-ils les sinistrés et laissés pour compte ?
Alors que le gouvernement va accorder des aides aux entreprises touchées par la paralysie du transport aérien, nous n’accepterons pas que les salariés du transport aérien soient "les sinistrés et laissés pour compte " de cette catastrophe. Les pertes financières seront compensées par des aides de l’Etat. Soit, mais les salariés se verront-ils imposer la prise de congés payés, RTT, repos compensateurs, pour compenser les journées "d’inactivité " subies dans le cadre de la mise en place du chômage partiel.
L’Union Fédérale des Aériens FGTE CFDT, exige l’ouverture de négociations et exige de l’ensemble des acteurs concernés une véritable garantie sur le maintien des emplois et des rémunérations des personnels impactés. Les salariés ne doivent pas continuer à être la seule variable d’ajustement dans toutes les crises à répétition que subit le secteur.
Si toutefois l’Union Fédérale des Aériens FGTE CFDT n’était pas entendu, elle saura alors augmenter le volume jusqu’à ce que le message soit clairement audible !
