Grenelle 2 ou l'abandon du report modal !
Grenelle 2 ou lʼabandon du report modal !
Le deuxième acte du grenelle de l’environnement, le Grenelle 2 est examiné par les députés à partir du 4 mai. Le projet de loi a pour but de mettre en application les engagements du grenelle 1
Le deuxième acte bien risque d’être placé sous le signe des illusions perdues. Comme dans d’autres domaines, le travailler plus pour gagner plus, le pouvoir d’achat, on est loin des promesses de campagne du candidat Sarkozy, loin aussi de l’enthousiasme réformateur du grenelle de l’environnement à l’automne 2007. Depuis, le Président de la République et son gouvernement ont rétréci leurs ambitions. Nicolas Sarkozy avait demandé, avant les élections régionales, à la secrétaire d’Etat, Chantal Jouano, d’élaborer les principes d’une écologie de droite. Et puis est venu, après les régionales, un discours présidentiel, au salon de l’agriculture, expliquant que l’environnement " ça commence à bien faire ...".
Il faut dire que le problème de Sarkozy,est qu’il a fait de l’écologie une priorité en la séparant du reste de sa politique. Mais l’exercice a des limites. Que signifie l’écologie de droite ? L’écologie est elle vraiment compatible avec une politique économique libérale ? En effet, la prise en compte de l’environnemental, dès qu’il atteint le niveau d’une politique globale contredit fortement le credo libéral que la majorité défend par ailleurs. L’environnement, c’est comme le social, cela nécessite plus de régulation, plus de taxes ou d’impôts, plus d’Etat ... tout le contraire du fond libéral qui demeure la référence de Sarkozy.
Le ministre de l’écologie et du développement durable a beau se démener et évoquer " le monument législatif laissé aux futurs générations avec 5 lois, 453 articles et 8000 amendements ... ", c’est aujourd’hui à une succession de reculs que nous assistons. Avec le retrait de la taxe carbone, le report pour l’après 2012 (sic ! autant dire aux calendes grecques !) de la taxe poids lourds on ne prend pas vraiment le chemin du report modal et de la prise en compte des dégâts environnementaux et sociaux. Ce report représente un manque à gagner de 1,2 milliards d’euros qui s’ajoute au 2 milliards envolés de la taxe carbone, autant de dettes en plus pour l’Etat et la collectivité.
L’abandon d’une politique volontariste de report modal, la récente décision du gouvernement pour répondre aux demandes de la FNSEA, d’autoriser la circulation des poids lourds de 44 tonnes notamment ceux de l’agriculture et de l’agroalimentaire, renforcent les doutes que nous avons sur les choix politiques du gouvernement. Alors même que l’étude d’impact du 44 tonnes, demandée dans le cadre du grenelle 1, n’est pas encore sortie, n’allons-nous pas, avec une telle mesure, vers une généralisation du 44 tonnes, avec à la clé, un dumping social encore plus fort, une part encore plus importante de la route dans le fret, et des dégâts importants sur l’environnement ? Le coût externe des infrastructures n’est pas pris en compte dans les prix du transport routier, mais il est supporté par l’ensemble de la collectivité.
Pour la FGTE, le report modal, nécessite une réflexion sur la pertinence des modes et d’un juste prix intégrant les couts sociaux et environnementaux. Décidément, ce n’est pas le chemin qui est pris !