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Accidents d'autocars : des mesures qui s'imposent
L’été 2007 a été marqué par deux accidents d’autocars spectaculaires, aux conséquences dramatiques. La réaction des pouvoirs publics a été un peu trop exclusivement axée sur les problèmes de signalisation et les programmes de résorption des « points noirs » routiers. Le risque est, une fois l’émotion retombée, de passer une nouvelle fois à côté de certains aspects de la sécurité, notamment ce qui touche aux conditions de travail des conducteurs, à la politique de contrôle et au manque d’harmonisation à l’échelle européenne.
En ce qui concerne l’accident d’autocar de Dunkerque, les 3 conducteurs étaient en infraction au regard des articles 4 à 7 du règlement européen 561-2006. Le car venait de Varsovie à destination de Londres. Il venait de faire environ 1440 kilomètres pour 20 H 28 de roulage (source Mappy, c'est-à-dire sans compter les arrêts de sécurité obligatoires et de repas !).
Un changement de conducteurs aurait dû avoir lieu au moins 3 heures avant Dunkerque : les conducteurs en poste auraient dû descendre du car pour aller dormir à l’hôtel et être remplacés par deux autres.
Le patron de l’entreprise reconnaît d’ailleurs qu’il est en infraction (absence de repos journalier) en indiquant que le véhicule est parti de Varsovie à 4 heures du matin et devait arriver à 8 heures le surlendemain, sans aucun dispositif de changement des pilotes. Ce n’est pas un cas isolé. Un nombre important d’autocars de tourisme effectuent des trajets annuels vers le Maroc, le Portugal ou le Sud de l’Espagne sans que les conducteurs dorment. Des pratiques de contournement de la réglementation existent aussi : certains conducteurs descendent d’un car pour remonter dans un autre de l’autre côté de l’autoroute, quand ce n’est pas plus simplement de la voiture de service avec laquelle ils suivent l’autocar depuis le départ du voyage, pour monter au poste de conduite et poursuivre le trajet. Va-t-on une fois l’incident passé laisser à nouveau à ce genre d’exploitant le pouvoir d’improviser avec la vie des autres ?
Pour la FGTE- CFDT, il est nécessaire que les longs trajets soient contrôlés au moins une fois, et la position géographique de la France en fait un lieu privilégié pour cela. Outre l’effet dissuasif pour les entreprises, les conducteurs y gagneraient toujours 20 minutes de pause !
Quant à l’accident survenu dans la descente de Laffrey, connue depuis longtemps pour sa dangerosité, il est difficile d’admettre que des systèmes de contrôle empêchant réellement toute circulation des véhicules non autorisés (gendarmes, poste avec barrière) n’aientjamais pu être mis en place, les éventuelles autorisations ne devant être réservées qu’aux services locaux.
Au-delà, l’Union Fédérale Route CFDT demande depuis de nombreuses années que tous les véhicules de transports en commun soient équipés d’origine de ralentisseurs, en France comme en Europe. Le moment est certainement venu de généraliser ces systèmes de sécurité qui soulagent les freins afin que de tels drames ne puissent plus se reproduire.
La CFDT revendique également que l’activité tourisme soit effectuée par des conducteurs qualifiés et formés notamment à la sécurité. Si en France les conducteurs suivent en plus de la formation initiale une formation de sécurité il n’en est pas encore de même dans les autres pays de la Communauté Européenne !
Des solutions existent, mais une prise de conscience est nécessaire dans toute l’Europe pour combattre les effets du libéralisme et de la concurrence sauvage, et imposer le respect des exigences de sécurité et de la règlementation sociale.
