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Salaires : l’urgence sociale
Ce que tout le monde savait, seuls les patrons le nient désormais : le pouvoir d’achat baisse. Le revenu disponible des ménages de salariés évolue 3 fois moins vite que l’an passé (sans doute moins de 1 % en moyenne sur l’année), quand les prix galopent au rythme de plus de 3 %. La CFDT en a fait une question majeure depuis plusieurs mois et multiplie les actions dans les entreprises, les branches et au niveau interprofessionnel pour obtenir des résultats. Elle appelle les salariés à participer aux actions et manifestations prévues le 7 octobre dans le cadre de la journée mondiale pour un travail décent à l’appel de la CSI et de la CES.
Le Gouvernement multiplie les leurres
Le phare est mis sur l’intensification de la concurrence et l’extension de la grande distribution pour maîtriser les prix, mais ce qui est mis en lumière c’est l’impuissance gouvernementale et son absence de volonté politique :
- Ce qui augmente le plus vite depuis au moins un an, c’est l’énergie (gaz, électricité, carburants) et les loyers
- Ce qui augmente sans cesse, c’est le nombre de salariés au SMIC.
La concurrence effrénée c’est une pression plus grande sur les salaires et sur les conditions de travail pour un effet marginal sur le pouvoir d’achat : ce sont en réalité les profits qui gonflent.
La CFDT revendique :
- Un gel des loyers là où il y a pénurie de logements à un prix abordable ;
- Une prime de transport équivalente à 50 % des frais réels pour tous et non facultative.
La CFDT n’accepte pas la remise en cause des 35 heures et notamment des accords de branche négociés, la politique de rachat des JRTT etc...
Elle s’opposera à la déréglementation du temps de travail entreprise par entreprise permise par la loi d’août 2008.
Après la baisse des impôts – qui a bénéficié surtout aux plus riches – la multiplication des heures supplémentaires était présentée comme le moyen de gagner plus. Et tant pis si les carnets de commande ne sont pas assez remplis. C’est pourtant cela qui se produit : pas assez de consommation, pas assez de croissance, c’est au détriment de l’intérim et des CDD que se font les heures supplémentaires. Bilan : 1 salarié sur 6 fait des heures supplémentaires, la plupart du temps quelques dizaines d’heures par an soit un bonus très faible, et le chômage repart à la hausse.
D’abord augmenter les salaires
Après les heures supplémentaires, c’est maintenant l’intéressement qui est censé améliorer le pouvoir d’achat (le Gouvernement prépare une loi à ce sujet). Encore faut-il que l’entreprise fasse des bénéfices suffisants, qu’elle mette en place un accord … et que ce ne soit pas au détriment des salaires et de leur indispensable augmentation !
Une nouvelle fois, la question centrale est contournée : c’est le salaire de base qui doit donner les moyens de vivre décemment. C’est pourquoi la CFDT – toujours particulièrement attentive aux bas salaires - a déclaré la guerre à toutes les conventions collectives qui ont des coefficients en-dessous du SMIC, condamnant ainsi de nombreux salariés à rester très longtemps au salaire minimum.
La CFDT obtient des résultats :
- Elle mobilise les salariés et agit jusqu’à obtenir satisfaction, comme chez DHL ;
- Elle signe des accords si les salariés sont gagnants, comme dans le secteur du déménagement, à Air France ou à la SNCF ;
- Elle rompt les négociations si les résultats ne sont pas acceptables, comme dans le transport de fonds ou les transports interurbains de voyageurs.
Il faut évidemment aussi faire reculer la précarité et maintenir le pouvoir d’achat des retraites, des indemnités de chômage et des minimas sociaux, contrairement à la politique actuelle.
Le 7 octobre, mobilisation générale pour un travail décent pour tous !
