Budget 2006
On brade !
Le budget du Ministère des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, présenté dans le cadre du projet de loi de finances 2006, s’élève à environ 17 Milliards d’euros. L’ambition affichée par le nouveau ministre est « d’investir pour moderniser la France d’aujourd’hui et lancer les chantiers majeurs de la France de demain ». Que revêt cette ambition incantatoire et somme toute assez creuse ?
Service public et aménagement du territoire : recul !
Dans sa déclaration générale le ministre écrit « que le respect absolu de notre mission de service public pourra se traduire par le recours à de nouveaux partenaires pour la gestion de nos moyens ». Et dans les faits les atteintes à ce même respect absolu ne manquent pas : privatisation des autoroutes, vente de la SNCM, gestion privée du tramway marseillais, vente aux armateurs du transport combiné SNCF, menace sur un éclatement de la SNCF, conditions de la décentralisation des services de l’Equipement.
Le même regard peut-être porté sur le financement quand le ministre retire des recettes domaniales à RFF pour les donner à l’agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) … qui va être privée des recettes des autoroutes une fois celles-ci privatisées. De la même manière, la politique de financement des modes alternatifs n’est pas à une contradiction près : 32 M€ consacrés au transport combiné et 561 M€ au volet routier des contrats de plan Etat-Régions, qui traduit l’orientation du gouvernement en faveur d’une relance des grands chantiers d’infrastructures.
Dans l’aérien, une partie des 166 M€ du budget est affecté à l’équilibre des liaisons réalisées dans l’intérêt de l’aménagement du territoire. Faut-il rappeler ici que ces millions d’euros vont principalement aux compagnies à bas coûts, qui ne s’intéressent en rien à l’aménagement du territoire puisque l’essentiel de leurs liaisons sont européennes.
Social : zéro pointé
Le ministre déclare dans le volet stratégie, conduite et pilotage de l’Equipement que « la poursuite de la contribution à l’effort de réduction des dépenses publiques passe par la maîtrise des dépenses de personnel ».
Le changement des paramètres dans le calcul des effectifs du ministère (pour rappel passage de l’effectif autorisé à l’équivalent temps plein) permet d’afficher 1 000 suppressions de postes alors que le ministère de l’Equipement devrait perdre en fait 2 000 agents. Et en affichant 22 M€ de mesures catégorielles - le ministre oublie les promesses de son prédécesseur notamment en terme de garanties d’emplois pour de nombreux agents transférés dans les départements.
M. Perben veut adapter et moderniser pour répondre à l’enjeu majeur de l’emploi. C’est ainsi qu’il consacre 10,5 M€ à une formation maritime de qualité mais à quoi cela sert-il quand le nombre de marins reste limité pour répondre à la compétitivité des armateurs ?
Dans le transport aérien, 300 emplois temps pleins travaillés sont créés pour maintenir un haut niveau de sécurité mais 10 seulement seront affectés au contrôle en particulier des compagnies aériennes. Est-ce cela la réponse aux nombreux accidents survenus cet été ?
Tout faux !
Ce budget n’est en rien ambitieux. Il tente seulement d’habiller le manque criant des finances publiques. Manque criant au nom duquel de nombreuses entreprises publiques sont bradées. Manque criant qui permet de faire encore des salariés une variable d’ajustement dans un pays qui affiche 10 % de chômage.
La FGTE-CFDT a fait de nombreuses propositions dans tous les dossiers actuels. Le ministre n’a pas daigné les étudier, ni répondre à nos demandes. Le gouvernement prétend avoir entendu les salariés le 4 octobre, il lui reste à comprendre et à répondre aux revendications. Le chemin, au vu de ce budget 2006, paraît encore long.
(novembre 2005)
