18 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

SNCF le rapport de forces

Transport ferroviaire

La grève lancée par plusieurs organisations syndicales à la SNCF a fait couler beaucoup d’encre.

Ce n’est à l’évidence pas un modèle de stratégie syndicale. Mais la CFDT ne se laissera pas emporter par un triomphalisme à courte vue.

Juger des résultats de cette grève peut se faire à plusieurs niveaux. Sur le plan du pouvoir d’achat les cheminots feront leur calcul.

Avec l’accord d’intéressement – qui ne correspondait pas à une demande CFDT mais que nous avions signé au vu de son contenu – ils auraient touché chacun une somme uniforme, près de 400 euros, entre décembre et janvier, au titre de 2004 et 2005, mais selon une règle de calcul applicable pour la durée de l’accord, soit au moins une année supplémentaire.

Les syndicats qui ont appelé à la grève le 22 novembre ont bloqué cet accord. C’est leur droit, ils sont largement majoritaires, mais n’auront finalement obtenu au prix de la perte de salaire d’une journée de grève qu’une prime hiérarchisée de 120 euros minimum à plusieurs centaines d’euros, valable pour la seule année 2005.

Certes, la prime obtenue est soumise à cotisations sociales (les cheminots toucheront donc moins en net que ce qui est affiché), contrairement à l’intéressement, mais elle ne bénéficiera pas non plus aux retraités. Ces derniers n’ont rien gagné, et les bas salaires ont perdu dans cette histoire, les 0,3 % d’augmentation en janvier qui ont été obtenues ne sont qu’un à-valoir sur les négociations salariales 2006.

Sur le plan de l’avenir de l’entreprise, qui justifiait la perspective d’un mouvement de grève reconductible, gouvernement et direction de l’entreprise ont multiplié les gestes symboliques, avant la grève, puis dans les discussions qui ont abouti à la fin du mouvement.

Les points qui sont mis en avant aujourd’hui soit étaient déjà acquis (investissements dans le fret), soit sont surtout symboliques (la réintégration dans la maison mère d’ID TGV : cela concerne 8 salariés), soit sont illusoires (les déclarations de Perben ou Chirac contre la privatisation).

Mais quelle organisation syndicale responsable pourrait laisser croire qu’un tournant a été pris dans la politique à l’égard du transport ferroviaire à l’issue de ce mouvement ? Les cheminots auront sans doute tôt fait de réaliser que nous en sommes encore loin. Les cheminots ont bien senti l’ambiguïté des objectifs de cette grève et ne s’y sont engagés qu’assez mollement.

La CFDT n’a pas à regretter de s’être tenu à l’écart d’un mouvement qui ne pouvait déboucher que sur de tels résultats. Mais pour autant il ne saurait être question de condamner, à travers cet échec, toute action de grève.

Il ne saurait être question non plus d’accréditer l’idée que la négociation sans rapport de force donne de meilleurs résultats. Si c’était vrai, nous le saurions tous. Il ne saurait être question enfin de soutenir l’idée qu’on ne peut contester par la grève une décision politique (argument déjà entendu à propos de la RTM).

Le combat contre la politique du Gouvernement à l’égard du transport ferroviaire se mène à l’intérieur de l’entreprise comme à l’extérieur, et la CFDT continuera d’y participer. Il fallait que cela aussi soit dit.

(novembre 2005)

 
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