Banlieues
Pas plus qu'aux voitures, aux écoles, aux services sociaux, en s'attaquant aux bus, trains, RER, à leurs conducteurs et leurs passagers, les jeunes laissés-pour-compte des banlieues ne trouveront de solutions aux inégalités,aux discriminations et à l'exclusion sociale. Ils se trompent de cible et ne peuvent qu'aggraver une situation qui, déjà, les pénalise en premier lieu.
Ce qui est à mettre en cause, ce sont les politiques qui aboutissent à une crise très grave du logement social et à l'abandon des services publics en diminuant les impôts pour les plus riches et en supprimant les subventions aux associations, aux services sociaux, aux transports publics, dernières structures qui évitent que ne soient totalement abandonnées les parties les plus pauvres de la population.
Les libéraux et le Medef ont directement inspiré le développement de l'exclusion de l'emploi et de la précarité. Le Contrat Nouvelle Embauche (CNE), nouvelle trouvaille qui permet d'être jeté du jour au lendemain pendant deux ans, est une illustration de cette précarité, d'ailleurs reconnue par les banquiers qui ne considèrent pas le CNE comme un emploi stable pour accorder les crédits.
De la volonté systématique de ne pas négocier sur les conflits, usant d'artifices juridiques pour restreindre le droit de grève comme à la RTM, au refus d'entendre les milliers de salariés en action, le 4 octobre, tout concourt, face à l'arrogance de ce gouvernement, à l'émergence d'une expression radicalement protestataire amplifiée, dans les quartiers des périphéries urbaines, par une désespérance trop longtemps contenue. Cela explique, sans les excuser, les actes commis dans les banlieues ces deux dernières semaines.
En pratiquant une politique de répression tous azimuts et de provocation verbale à l'égard de cette génération exclue, Nicolas Sarkosy (qui s'est illustré dans la répression des mouvements sociaux, les militants du transport routier peuvent en témoigner) ne fait qu'amplifier les frustrations.
Les salariés des transports et de l'équipement combattent, à leur niveau, cette politique désespérante de dégradation des conditions sociales. Il faut qu'au plus tôt une concertation, à tous les niveaux, incluant syndicats et associations, s'engage, pour que soit mis en place un plan d'ensemble pour traiter les problèmes de fond soulevés par la crise dans les banlieues.
(novembre 2005)
