18 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Ne pas décevoir !

Fédération

Le 10 mars, manifestations et arrêts de travail dans toute la France ont témoigné du mécontentement des salariés.

Le 10 mars a été un moment fort d’affirmation de la solidarité du public et du privé dans la revendication. Le caractère syndical de cette journée d’action n’a pas été perturbé, nous nous en réjouissons. Des attentes aussi fortes, sur la défense de la RTT comme sur la progression des salaires, ne doivent pas être déçues. Les salariés ne sont pas tombés dans le piège tendu par le Gouvernement qui présentait l’allongement du temps de travail comme le moyen d’augmenter le pouvoir d’achat, et il faut s’en réjouir. Mais ils n’ont pas été entendus.

La loi révisant les 35 heures a été votée : le recours aux heures supplémentaires est facilité, la conversion en prime de jours de repos (et pas seulement des RTT) est encouragée, les salariés de PME sont durablement écartés du bénéfice des 35 heures et du taux majoré normal des heures supplémentaires. C’est vers les entreprises maintenant que va se déplacer la bataille. La mobilisation ne doit laisser aussi doute au patronat : nous sommes prêts.

Sur les salaires, la tactique est un peu plus subtile. La réouverture des négociations salariales pour les fonctionnaires est le fruit de la mobilisation, mais un résultat positif, même le simple maintien du pouvoir d’achat, est loin d’être acquis,. Les fuites sur une augmentation de 1 % (sur 2005 et 2006 ?) ont surtout pour but d’enfoncer un coin entre salariés, car pour ceux du privé l’heure des négociations n’a pas encore sonné.

Le MEDEF fait la sourde oreille, le Gouvernement tente de dévier le débat sur des modalités de déblocage anticipé de l’intéressement et de la participation. Encore une fois, ce serait aux salariés de se payer leur augmentation de pouvoir d’achat. Cela ne répond en rien aux attentes, il faut des mesures qui puissent bénéficier au plus grand nombre et soient durables : des augmentations de salaire et une révision des grilles conventionnelles. Les profits des entreprises le permettent, le Gouvernement peut les faciliter en exigeant des contreparties aux allègements de cotisations sociales et aux réductions d’impôts qu’il a généreusement accordées … à ceux qui en avaient le moins besoin.

L’acquis de la mobilisation ne doit pas être dilapidé. Le Gouvernement cherche encore à gagner du temps et noyer le poisson. Il met en avant un calendrier de discussions avec le patronat (qui n’a d’ailleurs pris aucun engagement) sur le relèvement des minima de branche qui nous amènerait en douceur à l’été. Il multiplie les sujets de discussion dans le public pour masquer son refus de négocier sérieusement sur les salaires. Il faut hausser encore le niveau d’action, la CFDT ne doit pas hésiter. De nouvelles initiatives unitaires sont attendues dans les semaines qui viennent, la FGTE CFDT est prête à s’y inscrire et à prendre ses responsabilités.

(mars 2005)

 
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