22 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Les syndicats cheminots demandent une table ronde préalable à toute décision &a

Transport ferroviaire

7 syndicats de la SNCF ont écrit une lettre commune au Président Gallois le 16 août, dont voici les principaux extraits.

L’été 2005 n’aura donc pas dérogé à la règle des mauvaises habitudes qui veulent que pendant que bon nombre de nos concitoyens sont en congés, on annonce de mauvais coups ... Dans ce cadre, la SNCF a souhaité jouer sa partition en annonçant dès le 4 août, par la voix de son Directeur Général Exécutif, son intention de supprimer plus de 70 trains Corail par semaine en décembre 2005 sur les relations d’intérêt national : Quimper-Nantes-Bordeaux-Toulouse ; Nantes-Lyon et Caen-LeMans-Tours.
 
En contradiction avec l’esprit du groupe de travail tripartite Etat-Régions-SNCF et alors que l’analyse de l’audit réalisé sur les 25 relations transversales et radiales n’est pas encore totalement tirée, la direction de la SNCF en plein cœur de l’été s’empresse d’endosser la responsabilité de décisions impopulaires à la satisfaction bien comprise du gouvernement… Nous attendons autre chose de la part des dirigeants de notre entreprise que le bradage du Service Public au moment où vous réaffirmez, Monsieur le Président, votre intention de faire de la SNCF la première entreprise publique ferroviaire d’Europe.
 
Nous estimons que les doubles langages n’ont que trop duré car les faits relatés ci-dessus ne sont pas des accidents de parcours, ils s’inscrivent plutôt dans le processus de libéralisation dans lequel le secteur ferroviaire est engagé et contre lequel nous nous opposons.
 
Le dossier des relations transversales et radiales assurées par trains Corail et les perspectives qui l’accompagnent est à rapprocher de l’avenir des services publics, en zones rurales, de proximité qui a mobilisé beaucoup de monde ces derniers mois. Il est également concerné au même titre par le désengagement continu de l’Etat de ses obligations de financement des services publics. On doit aussi appréhender cette question dans la perspective des discussions qui vont débuter en 2006 entre 10 régions et la SNCF, relatives au renouvellement des conventions d’exploitations TER…
 
 La SNCF a beau jeu d’avancer les déficits de ces lignes pour justifier des suppressions de trains alors qu’avec l’Etat elle porte une grande responsabilité dans la désaffection « organisée » de celles-ci…
 
Pour exemple, de1992 à 2004, pour 5 d’entre elles dont les 3 qui font l’actualité, l’offre train/kms a diminué de 32,5% et la baisse des trafics a été de 40 % s’inscrivant dans une trajectoire opposée à la progression enregistrée par les autres trafics voyageurs.
 
La réflexion est centrée sur « qui paie le déficit ? ». Cette approche ne tient pas compte du poids des coûts externes générés par le transport routier et supportés par la collectivité, la concurrence inégale entre les différents modes, le rôle structurant du rail, le développement durable…L’approche comptable permet seulement de mesurer l’effet immédiat de la fermeture sur les comptes de la SNCF, mais laisse de côté les effets directs et indirects à court et à long terme sur la politique de transport et la société.
 
Les fédérations syndicales de cheminots CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD Rail, UNSA, CFE.CGC, FGAAC vous demandent, Monsieur le Président, de ne prendre aucune décision de suppression de trains Corail comme envisagé par le Directeur Général Exécutif de la SNCF le 4 août dernier…
 
Il convient donc de maintenir ces lignes en service et leurs dessertes ferroviaires actuelles car elles assurent le maintien et le développement du transport ferroviaire dans les territoires à dominante rurale et à faible densité démographique. Elles offrent de nouveaux débouchés pour les grandes métropoles régionales. Elles assurent les liaisons de villes moyennes non assurées actuellement par les TER. Elles fixent les populations et permettent le développement de l’emploi, notamment industriel.
 
Au-delà du bout en bout, elles sont souvent les seules à assurer les dessertes inter villes situées au milieu des axes. Sur la ligne Bordeaux-Lyon, la transversale est la seule qui permette de relier Libourne à Montluçon, Guéret à Gannat…
 
Au-delà de la responsabilité évidente de l’Etat en matière d’aménagement du territoire, de cohésion territoriale, dont relèvent les relations ferroviaires d’intérêt national que vous entendez sacrifier sur l’autel de la rentabilité financière, la SNCF se doit de faire jouer la péréquation interne, élément de solidarité et fondement du service public, non pas pour simplement atténuer les déficits identifiés mais pour aider les lignes transversales à se développer.
 
Dans le même registre et en lien avec le plan Fret dont les derniers chiffres confirment que c’est bien un plan d’adaptation financière, de repli, d’abandon, faute d’agents de conduite, la SNCF n’hésite plus à donner des directives écrites afin de supprimer des TER et de récupérer leurs conducteurs pour l’activité Fret ! Que fait dans ce cadre-là la SNCF de l’intérêt supérieur du service public, celui de l’usager et du respect de la contractualisation avec les régions !?
 
Afin de rendre plus transparentes les discussions engagées au sujet de l’avenir de ces relations transversales et qu’aucune décision irréversible ne soit prise dans le dos ou sur le dos du service public, des usagers et des cheminots, les fédérations des cheminots CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD Rail, UNSA, CFE, CGC, FGAAC souhaitent la tenue d’une concertation nationale sous la forme d’une table ronde où tous les acteurs concernés (y compris RFF) délivreraient leur opinion sur un sujet qui dépasse les seules responsabilités et compétences du groupe de travail tripartite actuellement en place.
 
Du seul point de vue des conséquences sociales qui pourraient résulter de certaines décisions, les fédérations syndicales de cheminots doivent d’une façon ou d’une autre être associées à ces discussions qui pourraient entre autres avantageusement intégrer l’étude du CCE de la SNCF sur « les lignes transversales et axes ferroviaires ».
 
(août 2005)
 
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