22 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Chèque « transport »

Fédération

Vrai problème, mauvaise solution : les inégalités vont s'aggraver

Les salariés subissent très fort la hausse du carburant. Si les entreprises de transports routiers ou les pêcheurs ont bénéficié de compensations immédiates, c’est par une baisse du pouvoir d’achat que la population a dû faire face jusqu’ici, en dépit des promesses. Le Gouvernement s’est enfin décidé à proposer un mécanisme de prise en compte qui sera mis en place au 1er janvier 2007, mais celui-ci, mal ajusté, va creuser les inégalités.

La hausse des prix du pétrole n’est pas conjoncturelle mais appelée à durer. Sur les 15 dernières années, la hausse du prix des carburants a été le double de celle du coût de la vie. Et la hausse du prix des carburants frappe particulièrement les ménages à bas revenus car on observe que face à une telle évolution ils ne peuvent, comme les ménages moyens, diminuer sensiblement leurs déplacements.

Or le dispositif gouvernemental est facultatif. En dépit de la prise en charge partielle (50 %) du chèque transport par le budget de l’Etat, les salariés des PME-TPE ou ceux des entreprises en difficulté risquent de passer à côté, comme ceux de l’Ile de France où les entreprises contribuent déjà aux transports collectifs (50 % de la carte orange). Un mécanisme aggravant les inégalités comme réponse à un problème qui frappe davantage les ménages à bas revenus, c’est bien loin de ce que la CFDT avait demandé. Le Gouvernement s’est une fois de plus dispensé de toute négociation préalable, et va nous faire payer sa méconnaissance des réalités sociales.

Le budget des transports est devenu récemment un des tous premiers (15 % des dépenses des ménages), devant l’alimentation et juste derrière le logement. Les 2/3 des déplacements sont effectués en voiture, le premier poste des dépenses de transport est le carburant (1150 euros en moyenne par an). Le petit avantage qui serait donné au transport collectif (le 1er ministre a parlé d’une prise en charge de la moitié de l’abonnement, soit environ 200 euros annuels en moyenne, contre 100 euros en cas d’utilisation de la voiture particulière) ne suffira pas à inverser la tendance, surtout si l’offre ne s’améliore pas. On peut rappeler du reste que les subventions permettant le développement des transports collectifs de province ont été supprimées. Ce n’est pas ainsi qu’on prendra le chemin du développement durable et socialement soutenable.

 
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