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Retraites
Gare à la démagogie à propos des régimes spéciaux
Quelques rappels à propos des régimes spéciaux sont sans doute utiles face aux amalgames. La loi Fillon prévoyait un rendez-vous en 2008. Il ne concerne pas que les salariés des régimes spéciaux, mais tous les salariés, car la réforme de 2003, bien qu’incluant le passage à 41 ans de cotisations en 2012, n’était financée que partiellement !
Pour ce qui nous concerne directement (SNCF, RATP, Marins), la question de la pénibilité et du travail en continu est évidemment au centre des discussions. Or les négociations sur ce point, prévues dans la loi Fillon, sont bloquées par le MEDEF sans que le Gouvernement n’intervienne !
Ces régimes sont à la fois un régime de base et un régime complémentaire. Lorsqu’ils sont « adossés » au régime général des retraites (la CNAV), ils ne bénéficient pas de financements injustifiés de sa part, mais seulement d’une compensation tenant compte du fait qu’il s’agit de secteurs ou l’emploi est en décroissance (forte en général), et des capacités contributives (niveau de revenu) des salariés concernés. Les salariés de toutes les entreprises du régime général bénéficient du même mécanisme de mutualisation des cotisations et des dépenses.
Les avantages particuliers liés aux régimes spéciaux sont financés pour partie par l’entreprise et pour partie par l’Etat, donc par l’impôt. Le départ en retraite avant 60 ans est généralement une obligation, pas un choix, et joue un rôle analogue aux préretraites dans d’autres secteurs. Il ne signifie pas que les salariés partent avec le taux plein ! Beaucoup n’ont pas les 37,5 années de cotisations. C’est de toutes façons un élément du « contrat social » (avec les salaires, les conditions de travail etc..) qui ne doit pas être considéré isolément.
