22 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Taxe aérienne mondiale

Transport aérien

Taxe aérienne mondiale : mauvais moment, mauvaise idée

La nécessité de taxes mondiales pour financer le développement est de plus en plus évidente. Poussé par les présidents français et brésilien dans le cadre du financement des Objectifs de Développement du Millénaire, soutenu potentiellement par une centaine d’Etats, le projet de taxes sur les billets d’avion en apporte une nouvelle preuve. Pour autant, la décision de Jacques CHIRAC de mettre en œuvre cette taxation dans les seuls Etats qui y sont prêts pose beaucoup de problèmes.

Aujourd’hui le transport aérien mondial est toujours en crise : au niveau mondial des pertes record de 7.5 M$ sont annoncées pour 2005, aux Etats-Unis Delta et Northwest rejoignent United et US AIR dans la faillite, en France les entreprises sont dans un état précaire. Le Président de la République choisit ce moment pour proposer une démarche mondiale de solidarité : une taxe (de plus) sur les passagers aériens pour contribuer à enrayer les fléaux mondiaux que sont SIDA, tuberculose et paludisme. En même temps les Etats riches minimisent leurs aides aux pays en développement, bien loin de leurs déclarations sur l’objectif de 0.7 % de leur produit intérieur brut. La contribution française, d’ailleurs, n’est que de 0.44 % du PIB!

La France, initiatrice de cette campagne retenue par l’ONU, espère entraîner d’autres pays. A ce jour les Européens (Espagne, GB, Allemagne) semblent favorables. USA, Japon, Russie et les pays du Moyen Orient sont réticents voire opposés. De toute façon personne ne sait comment cet argent serait collecté, distribué ni sa répartition contrôlée.

La FGTE-CFDT s’est prononcée en faveur d’une taxation des transactions financières, mise en oeuvre obligatoirement dans tous les pays et venant en complément (et non en substitution) aux aides d’Etat, qui sont actuellement à un niveau très faible. Cela permettrait de freiner les pratiques spéculatives.

Syndicalistes, nous sommes solidaires de nos camarades des autres continents et préoccupés par la montée exponentielle des maladies qui désolent leurs pays : la fédération internationale des travailleurs des transports (ITF), notre fédération mondiale, soutient les campagnes de lutte contre le SIDA organisées par les syndicats africains. Mais comme syndicalistes, nous ne pouvons pas ignorer les conséquences du projet sur l’ensemble du transport aérien et ses personnels.

Le transport aérien, surexposé aux aléas économiques et politiques mondiaux, a une rentabilité faible face à de lourds investissements et aux taxes déjà élevées. Le pétrole va rester cher. La concurrence est acharnée entre compagnies, low-costs et leur dumping social en tête, mais aussi entre moyens de transports. Quant à la sécurité, elle a un prix qu’on ne peut diminuer impunément. L’avion fait encore rêver. Il faut donc taxer le rêve et ses passagers sans se préoccuper de la survie des compagnies, de leurs personnels, de la sécurité. C’est tellement plus facile que de taxer les mouvements financiers spéculatifs mondiaux ! Comme elle est conçue, cette taxe nouvelle plombera encore plus les compagnies aériennes et sera génératrice de chômage.
 
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