23 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

SeaFrance, l'action responsable et déterminée des salariés débouche sur

Transport maritime

Marins

SeaFrance, l’action responsable et déterminée des salariés débouche sur la nomination d’un médiateur !

SeaFrance, seule compagnie maritime française à être présente sur le détroit à Calais, filiale à 100 % de la SNCF, fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois. Bien malgré elle et ses salariés, syndiqués à 70 % à la CFDT, elle subit comme la plupart des entreprises de transports de plein fouet la crise économique.

Confrontée à cette situation, la CFDT comprend que des mesures d’adaptation doivent être prises, mais celles proposées sont totalement disproportionnées. En effet, le plan de redressement présenté au Comité d’Entreprise et aux organisations syndicales prévoit une flotte composée de 3 car ferries (contre 3 ferries et 2 fréteurs actuellement), un nombre réduit de traversée et un sureffectif de 650 salariés. Le directeur justifie ces annonces, aussi excessives que brutales, par le résultat très dégradé de l’exercice 2008 qui affiche un déficit de 20 millions d’euros.

Mais les effets d’annonces utilisés par la direction n’ont pas eu les résultats espérés. Le but était de faire peur au personnel pour les entrainer dans une grève qui du coup aurait aggravé les résultats et justifiés les projets de redressement proposés par la direction.

Responsables, les salariés et la CFDT ont su éviter cet écueil, par contre, comme il fallait s’y attendre, dès que certains ont eu vent des problèmes, ils se sont portés acquéreurs. Louis-Dreyfus Lines en tête, qui vient concurrencer SeaFrance sur la ligne Boulogne / Douvres avec des navires financés par le Conseil Général de Seine Maritime et qui compte les remplacer par un navire sous pavillon anglais dont l’équipage est constitué de marins portugais et polonais travaillant avec des conditions sociales inférieures aux marins de SeaFrance : c’est très clairement une concurrence déloyale.

Pour la CFDT, on ne peut ignorer que SeaFrance n’est pas structurellement en déficit comme elle l’a prouvé en 2006 et 2007 en dégageant respectivement 8 et 15 millions de bénéfices. Pour tenir compte des difficultés conjoncturelles, la CFDT a fait des contre-propositions raisonnables et notamment une réduction du nombre de personnes nécessaires pour tenir un poste, une réduction d’une cinquantaine de personnel hôtelier (restauration, bar, cuisine) ainsi que des aménagements modérés chez les sédentaires.

La Direction a maintenu contre vents et marées son plan de redressement, organisant elle-même le sabotage de l’entreprise. En dépit d’accord de réduction d’effectifs signé par les organisations syndicales, le navire « SeaFrance Nord Pas de Calais » effectue 2 à 3 rotations par jour avec les effectifs prévus pour 5 rotations. De la même manière, alors qu’un ferry était en arrêt technique (révision), la compagnie a refusé de réarmer un des deux navires de remplacement dont elle dispose. Résultats : les chiffres du trafic pour le mois de septembre sont catastrophiques, SeaFrance est le seul opérateur à boire ainsi le bouillon.

Face à cette situation de blocage, la CFDT de SeaFrance a décidé, en intersyndicale, de bloquer le port de Calais le 16 octobre pour réclamer la nomination d'un médiateur. C’est désormais chose faite, le préfet du Pas-de-Calais a nommé mardi un médiateur à la compagnie de ferries. La CFDT du Syndicat Maritime Nord se réjouit de cette nomination qui " va permettre de démêler le vrai du faux dans le dialogue avec la direction ", mais elle considère que cela ne règle pas pour autant les problèmes.

A suivre…. ¡

 
© 2012 FGTE - Mentions Légales
FGTE - CFDT, 47/49 avenue simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19
Tel : 01 56 41 56 00 Email : federation@fgte-cfdt.org