23 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Accord diversité;

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Accord diversité

L’accord diversité d’ASF (Autoroutes du Sud de la France), filiale du groupe Vinci, représente l’opportunité d’intégrer bien davantage de salariés issus de l’immigration. Car le constat n’est pas brillant dans cette filiale qui emploie 4 800 salariés et dont la maison mère Vinci a pourtant obtenu le label diversité.

Interview de Floréal Pinos, délégué syndical central CFDT d’ASF qui estime que l’accord diversité qui est à la signature représente une occasion unique pour l’entreprise de changer les mentalités.

“ Nous sommes archi-nuls en matière de diversité ethnoraciale et cela doit changer ” Floréal Pinos, CFDT ASF

Le sujet de la diversité ethno-raciale est-il encore tabou aux ASF ?

Il y a des salariés qui ne voient pas encore d’un bon œil notre volonté de diversifier les recrutements. Pour certains, cela relève tout simplement d’un racisme caractérisé ordinaire. Il y a 15 ans déjà, nous avions soulevé le problème qu’il valait mieux être blanc pour être embauché aux ASF. On nous avait fait alors comprendre que le sujet n’était pas d’actualité.

Aujourd’hui, même si les choses progressent, il y a encore un tabou et des non-dits dans une entreprise qui n’a pas l’habitude de la diversité. C’est d’ailleurs le cas de toutes les sociétés d’autoroutes. Pour autant, aujourd’hui, il faut saluer la volonté de certains responsables d’inverser cette tendance et modifiant cette politique d’embauche.

Quelles sont les raisons qui expliquent ce manque d’ouverture à la diversité ethno-raciale dans les sociétés d'autoroutes ?

Ce n’est plus d’actualité mais pendant très longtemps, les enfants de salariés ont été prioritaires pour obtenir des emplois au cours de l’été. C’est principalement par cooptation que s’effectuait le recrutement. À partir de là, le recrutement ne peut pas se diversifier. Il faut élargir les sources de recrutement pour intégrer des jeunes issus de l’immigration. Les sociétés d’autoroutes doivent évoluer pour être le reflet de la société française actuelle.

Vous estimez que l’accord diversité est une chance pour ASF ?

Oui, c’est une chance que nous ne devons pas laisser passer. Le plus dur reste maintenant à faire. La formation prévue dans l’accord va permettre de faire évoluer les mentalités et des opérations de testing seront lancées pour mesurer les progrès.

En quoi le fait d’être une filiale du groupe Vinci est un facteur de succès ?

La diversité ethno-raciale n’est pas une découverte pour un groupe comme Vinci dont l’activité historique est la construction. C’est d’ailleurs en partie ce qui explique que le groupe ait obtenu le label diversité alors que l’une de ses filiales, ASF en l’occurrence, était à la traîne en ce domaine. Il va désormais falloir aligner les pratiques. Mais le fait d’être une filiale de Vinci présente aussi un inconvénient. Depuis le rachat en 2006, nous perdons 3 à 4 % d’emplois par an. Il faut absolument casser ce dogme de la baisse des emplois qui ne créent pas les conditions favorables à la diversité et par ailleurs génèrent du stress. Pour la CFDT, le défi est ambitieux, et nous comptons bien sur des acteurs pour le relever. L’emploi reste plus que jamais au coeur de nos revendications. ¡

 
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