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RAFFARIN ou le libéralisme en action
Libéralisme : Raffarin fait feu de tous bois.
Raffarin III, nullement découragé par son (sans doute) prochain départ, redouble d’ardeur. En quelques semaines, sans vouloir être exhaustifs :
- le nombre de chômeurs officiellement recensés franchit à nouveau la barre des 10 % ; le ministre de l’économie n’ose plus promettre une baisse significative avant la fin de l’année ;
- un décret-express sur le temps de travail des roulants lisse le temps de travail à la Route et la rémunération sur 3 mois non seulement sur les longues distance, prétexte mis en avant par le patronat, mais aussi la messagerie ;
- le nouveau pavillon de complaisance maritime français, le RIF, passe en force au Parlement contrairement aux engagements pris ; les forces de l’ordre répriment les manifestants ; plusieurs militants CFDT sont arrêtés ou blessés ;
- le lundi de Pentecôte travaillé, cela correspond en 2005 à 1 624 heures annuelles, mais la loi a été opportunément modifiée : elles ne comptent que pour 1 600 heures réelles, cherchez l’erreur ;
- en guise de nouveaux droits, les salariés pourront « choisir » d’effectuer des heures supplémentaires au-delà du contingent de 220 heures ou encore « renoncer » à prendre des jours de RTT, de repos et de congés payés (sauf les 4 premières semaines), pour les convertir en rémunération ; mais attention, dans les petites entreprises, la majoration pour heures supplémentaires est réduite jusqu’à fin 2008 ;
- au lieu de faire pression sur le patronat pour une amélioration durable du pouvoir d’achat des salariés, le gouvernement choisit de débloquer la participation et l’intéressement, qui risquent dans les faits de se substituer aux augmentations de salaires et de creuser encore l’écart entre salariés des petites entreprises et des grandes ; exonérés de charges, ces versements créent un manque à gagner important pour les régimes sociaux qui sont déjà dans le rouge.
Les trois ans de libéralisme sans frein que nous venons de connaître ont fait des dégâts, et ce sont les salariés qui trinquent. Ils ont commencé à dire « STOP », ce n'est pas le moment de relâcher la pression !
