Fonction Publique, Perspectives RH 2013 : Arme de destruction massive d’emplois !
Fonction Publique
Perspectives RH 2013 : Arme de destruction massive d’emplois !
Le document « Perspectives RH 2013 » soumis, depuis début janvier, à la concertation et aux travaux des services déconcentrés n'a pas été mis à la disposition des organisations syndicales comme la CFDT. ( ... ) Ce document présente l'impact des réformes engagées dans le cadre de la RGPP (1) et leurs traductions les plus concrètes sur les baisses attendues des effectifs des services.
Dans les grandes lignes, pour 2011, les suppressions d'emplois portent sur plus de 1400 ETP (2), celles de 2012, sur plus de 1000 et pour 2013, sur plus de 1250. Ces suppressions concernent, en priorité, les fonctions supports en administration centrale comme dans les services déconcentrés et les CETE (3) (gestion administrative et paie, comptabilité, informatique et logistique). Elles concernent aussi l'ingénierie publique concurrentielle, les conduites d'opération mais aussi l'ingénierie routière, l'exploitation et les études dans le domaine des voies navigables, les affaires maritimes, le permis de construire, les transports exceptionnels, les commissions de sécurité, le contrôle de la distribution d'énergie électrique.
Les conséquences de ces décisions et de leur précipitation dans la mise en oeuvre sont connues :
• Abandon de missions au mépris des besoins,
• Conditions de travail dégradées,
• Perte de sens et de repères,
• Augmentation de la souffrance au travail.
( ... ) Un nouvel exemple nous est donné de la conduite du dialogue social, au plus haut niveau, dans l'opacité et le mépris affiché des personnels et de leurs représentants comme de leur hiérarchie. Dont acte !
Pour la CFDT, il est temps de changer de logique, les services publics ne sont pas un coût. Ils participent à la création des richesses. Débattons des propositions alternatives à ce grand gâchis des richesses collectives que sont nos services, leurs missions et nos emplois.
Ne laissons pas dériver plus loin le mauvais partage des richesses au profit des plus riches !
Exigeons d'autres orientations, exprimons nous collectivement et défendons nos emplois pour :
• Refuser la désertification des territoires, c’est non seulement permettre de répondre à l’aspiration des populations de « vivre et travailler au pays », mais c’est aussi utile à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques de l’Etat (aménagement du territoire, cohésion sociale, infrastructures, report modal, etc.),
• Refuser les abandons de missions
Exigeons une autre répartition des richesses avec :
• Une forte augmentation des salaires au travers de la valeur du point d'indice,
• Des carrières attractives reconnaissant les compétences et les qualifications professionnelles acquises par les agents,
• Le refus de l'individualisation à outrance au travers de modulation extravagantes des primes,
• La réduction du temps de travail vers les 32 h et moins,
• Des conditions de travail respectueuses des personnels et de leurs conditions de vie sociale et familiale.
Les réorganisations, fusions, mutualisations et abandons de missions ne doivent pas conduire à dégrader les situations individuelles. Les coûts induits et annexes ne doivent pas être à la charge des personnels mais bien à l'administration qui se réorganise. Pas un agent ne doit en être de sa poche : rémunération globale maintenue tout comme l'amplitude journalière y compris temps de trajet. Il faut étudier toutes les solutions alternatives et leurs conséquences (télétravail partiel, mise à disposition de véhicules, temps des trajets pris en compte).
L'heure n'est plus aux tergiversations mais bien à la rébellion dans les services pour dénoncer et contester les orientations politiques de ce gouvernement en matière de politiques publiques, en matière d'emplois, en matière d'abandons de missions et de restructurations de ses services publics.
L'heure est bien aussi à la dénonciation et à la contestation des fusions et mutualisations toutes menées à la hussarde sans respect des personnels et souvent des hiérarchies des services avec les résultats que nous connaissons et que nous avons maintes fois dénoncées.
