Développer les services publics
Le choix d'une société solidaire !
Déficits, privatisations, mise en concurrence : c’est la soupe qu’on nous sert régulièrement en matière de services publics, en prenant bien soin de masquer les conséquences des décisions prises, les suppressions d’emplois, les reculs sociaux, la baisse du niveau de service et la hausse du coût pour l’usager. Les transports et l’équipement n’échappent pas à cette logique, mais on peut réagir, c’est l’affaire de tous et toutes. Les imposantes manifestations interprofessionnelles des 5 février, 10 mars et 4 octobre ont montré la force de l’aspiration populaire à une autre politique sociale.
Continuons, dans nos entreprises et partout, jusqu’à être entendus
Les privatisations ne répondent pas à une nécessité Comme EdF ou Gaz de France, les autoroutes sont une réussite technique, notamment pour leur haut niveau de sécurité, et les péages ont largement contribué à la création d’un maillage serré du territoire dans une logique d’aménagement. La privatisation surgit bizarrement au moment où ces entreprises commencent à dégager des bénéfices substantiels, alors que pendant 30 ans les charges d’emprunt ont pesé sur l’équilibre économique du secteur. Ces bénéfices n’iront pas, comme il était prévu, au financement de projets de transports collectifs, ferroviaires notamment, mais profiteront aux grands groupes des Travaux Publics européens acquéreurs de ces sociétés et iront boucher les trous que font dans le Budget de l’Etat les allègements d’impôts des plus riches. Les salariés du secteur, eux, attendent encore des garanties sur l’emploi et l’avenir de leurs conventions collectives.
Privatiser, c’est avant tout le choix d’accroître les bénéfices privés au détriment des bénéfices collectifs. La déréglementation du secteur aérien avec son cortège de faillites d’entreprises a eu un coût social très lourd, Air France, alors compagnie majoritairement publique, fait partie de celles qui s’en est sont le mieux tirées en Europe.
La concurrence, ce n’est pas la modernisation du service public
Un réseau de transports urbains, comme à Marseille, c’est un ensemble de lignes de bus, de métro, demain de tramways, exploitées par la RTM, qui est un établissement public employant des salariés soumis à la convention collective des transports urbains. Qu’auraient à gagner les Marseillais à voir un second opérateur, cheval de Troie d’un grand groupe privé, exploiter le tramway, et pourquoi pas demain voir le métro, puis telle ou telle ligne de bus soumise à appel d’offres ? La réponse est connue : davantage de problèmes de coordination des transports, davantage de difficulté à financer la modernisation des réseaux de bus puisque les bénéfices réalisés par le tramway sur les lignes au trafic dense manqueront dans les banlieues. Et la concurrence entre les entreprises ne manquera pas de tirer vers le bas les conditions sociales des salariés.
La concurrence en matière de services publics aboutit finalement à ne développer que ce qui est rentable, se désengager du reste, et réduire le social à la portion congrue. Les chemins de fer britanniques ont montré les dégâts que la concurrence effrénée et le sous-investissement dans la sécurité pouvaient faire.
Le recul des services publics se retourne toujours contre les usagers
Partout dans le monde la privatisation à tous crins de services essentiels comme l’eau ou l’électricité se traduit au bout d’un certain temps par des hausses de tarifs et/ou une baisse des investissements. Les inégalités se creusent sur le plan social et géographique, l’accès au service n’est plus assuré pour tous, les exemples de grandes pannes ne manquent pas, seuls les profits sont garantis.
En France, les politiques libérales favorisent la baisse des impôts des couches les plus aisées de la population au détriment des moyens des services publics : moins de subventions aux transports publics, service réduit sur certaines lignes de chemin de fer interrégionales, 2300 emplois en moins programmés dans les guichets à la SNCF, encore près de 2000 emplois supprimés au ministère de l’équipement. Tout cela concourt sur fond de crise de l’emploi et du logement social, à la création de ghettos urbains et à la désertification de territoires ruraux.
Les services publics sont indispensables à la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, c’est une autre logique que celle du profit.
Pour des services publics de qualité en Europe
Les services publics doivent s’adapter aux nouveaux besoins et pour les grands réseaux notamment, acquérir une dimension européenne. Les usagers doivent prendre toute leur place dans la définition des orientations et missions de ces entreprises à travers le débat public et un dialogue de proximité pour la mise en œuvre des politiques sociales (tarifs, dessertes, fréquences ...). Les représentants des salariés doivent pouvoir apporter dans ces débats leur expertise et participer à l’élaboration de projets d’entreprise véritablement au service du public.
Comme l’ont rappelé dans une déclaration commune la CFDT, la CGT, l’UNSA et la CFTC, une directive-cadre européenne est nécessaire sur les services d’intérêt général, qui les définisse comme des services de qualité accessibles à tous, constituant un élément essentiel de cohésion économique, sociale et territoriale, partie prenante du modèle social européen, qui ne saurait mesurer sa réussite au progrès de la « concurrence libre et non faussée ».
Bolkenstein revient en débat à Bruxelles : la concurrence comme on la connaît déjà dans l’aérien avec les compagnies à bas coût ou dans le maritime avec les pavillons de complaisance, nous n’en voulons pas ni dans le privé ni dans le public.
L’Europe sociale est en panne mais l’accélération de la libéralisation du transport de voyageurs par chemins de fer est au programme et la SNCF s’y prépare. Le programme libéral du Gouvernement s’accélère. Disons STOP ! Salariés et usagers ensemble, nous pouvons gagner !
Tous et toutes à la manifestation à PARIS, le 19 novembre
(novembre 2005)
