07 septembre 2010
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Pouvoir d'achat : les mesures Sarkozy sont inefficaces

Fédération
Durant la campagne présidentielle Sarkozy s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat. Un an après, qu’en est il ?
D’abord un constat, le pouvoir d’achat des français se dégrade. Il faut dire que le volontarisme présidentiel s’est heurté aux limites de sa propre politique. Les principales mesures prises n’ont pas eu les effets annoncés. Les réductions de l'impôt sur le revenu, des droits de succession divisés par deux (9 milliards d’€ en 2006), la suppression, de facto, de l'impôt de solidarité sur la fortune (3,6 milliards en 2006) ont essentiellement bénéficié au dixième le plus favorisé des contribuables, et plutôt que d’être un soutien à la croissance, cela a nourri une épargne déjà élevée en France.
La défiscalisation des heures supplémentaires ne concerne pas une majorité de salariés. Le gouvernement annonce que 6 millions de salariés en bénéficient, mais l’ACOSS (Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale) n’est pas en mesure à partir des déclarations des entreprises de chiffrer le nombre de salariés faisant des heures supplémentaires. Pour le mois de juin 2008, l’ACOSS avance le chiffre de 49 millions d’heures supplémentaires effectuées, ce qui équivaut, ramené à l’ensemble des salariés, à 3 heures supplémentaires par mois et par salarié. De plus combien d’heures étaient effectués par les salariés avant la loi ? Combien d’heures supplémentaires étaient effectuées par les salariés, mais non déclarées par les entreprises ?
Aujourd’hui Sarkozy annonce sa volonté de vouloir généraliser l’intéressement afin de faire profiter l’ensemble des salariés des résultats de l’entreprise. 4,2 millions de salariés en bénéficient actuellement, essentiellement dans les grandes entreprises. Les entreprises qui développent l’intéressement en tire argument pour limiter les augmentations de salaires avec pour effet une instabilité des revenus pour les plus bas salaires. De plus, les sommes ainsi distribuées sont en partie exonérées de cotisations sociales ce que fragilisera d’autant l’ensemble de la protection sociale.
Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est la remonté des chiffres du chômage, avec l’emploi dans l’intérim qui recule. Ce que nous constatons, c’est que l’augmentation du travail précaire va de pair avec l’augmentation des inégalités de revenus. A l’inverse de la RTT, qui avait consolidé les emplois qui ont soutenu la croissance, la politique de Sarkozy sur le pouvoir d’achat fragilise en fait ceux qui en ont le plus besoin.
 
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