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Redonnons le pouvoir au dialogue social
Le politique et la direction de l'entreprise revendiquent un dialogue social fort à travers la représentativité forte des organisations syndicales. Le dialogue social devrait évoluer pour asseoir la crédibilité des organisations syndicales et coller à la stratégie et au nouveau mode de fonctionnement de l'entreprise.
Dans la réalité, tout est fait dans l'individuel pour squeezer les organisations syndicales. On assiste à l'individualisation de la communication, la direction s'adresse directement aux cheminots sur le terrain pour sonder leur niveau d'acceptation des évolutions de l'entreprise. Par exemple, le blog de la direction au Fret sur les modifications de la règlementation du travail et leurs soi-disant contreparties, ou encore la lettre du Président à tous les cheminots sur un nouveau contrat social.
Par cette méthode, la direction a choisi d'écarter les instances représentatives du personnel et les échelons hiérarchiques intermédiaires, qui ne peuvent plus de ce fait jouer leur rôle dans le dialogue social. Par là, la direction shunte toute volonté de dialogue social aux niveaux régional et local. Dès lors, deux enjeux importants apparaissent.
L'un du côté managérial, où il s'agit de restaurer l'échelon hiérarchique. Récemment, un haut dirigeant de l'entreprise disait « que les dirigeants de proximité ne se considèrent pas comme des encadrants, qu'ils ne sont plus vecteurs de la stratégie de l'entreprise sur le terrain, et que d'ailleurs, ils ne connaissent plus cette stratégie de l'entreprise ». Quid du dialogue social au niveau local ?...
L'autre du côté Syndical, où il y a urgence à renégocier la structuration et le fonctionnement des instances représentatives du personnel. En effet, avec la mise en place de la gestion par activité, et au fil des restructurations, les territoires des unités opérationnelles et des unités de production s'étendent, et atteignent une taille régionale. Il est donc nécessaire de donner au personnel d'encadrement de ces entités du pouvoir et des moyens de décision, et pour ce faire, d'installer à leur niveau le comité d'hygiène et de sécurité du travail, ainsi que le dialogue social.
Les deux tuyaux, direction et organisations syndicales, doivent descendre au même niveau, c'est le prix pour que s'instaure un réel dialogue social cohérent dans l'entreprise.
L'Union des Cheminots de l'Encadrement CFDT agit pour restaurer la défense collective des salariés au plus près du terrain.
Dominique AUBRY
animateur UCE
