23 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement
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Sommet social : du réchauffé !

Sommet social : du réchauffé !

Sarkozy avait fait du maintien du triple AAA de la France un axe fort de son fin de mandat présidentiel, Standard and Poor’s a dégradé la note de la France comme celle de 8 autres pays européens. Il n’y a certes pas matière a s’en réjouir ! Dans l’orthodoxie de cette idéologie qui fait de la lutte contre les déficits publics le 1er objectif, il y a tout a craindre que cela se traduise, en Europe et en France par de nouveaux plans de rigueur dont les salaries feront les frais. L’Allemagne a d’ailleurs immédiatement appelé a encore plus de rigueur et demande notamment d’accélérer les accords (MERKOZY) sur le renforcement budgétaire en Europe.

Mais voila, les politiques ne posent pas le bon diagnostic, ce ne sont pas les déficits publics qui ont provoque la crise, mais au contraire la crise qui a cause le déficit public et, en période de ralentissement économique, freiner la croissance par des politiques de restriction budgétaire ne fera que creuser encore plus les déficits publics, comme c’est le cas de la Grèce.

D’ailleurs a y regarder de plus prés, ce qui est critique par Standard and Poor’s, c’est l’absence de moyen pour lutter contre la spéculation de la zone euro ainsi que les politiques budgétaires qui conduisent a la récession, ce qui laisse présager non pas une limitation mais au contraire une dérive des dettes publiques.

Pour masquer l’échec de sa propre politique, celle notamment des baisses d’impôts consenties aux plus riches et qui a contribue a creuser fortement les déficits publics, Sarkozy a convoque un sommet social transforme en sommet de crise a trois mois d’une échéance électorale qui s’annonce de plus  en plus compliquée pour lui. 430 millions d’euros ont été annonces pour l’emploi ! Est-ce vraiment a la hauteur des enjeux ? Ce l’est d’autant moins, que bon nombre de mesures annoncées ne sont pas nouvelles, mais avaient déjà fait l’objet d’une annonce, pour certaines mises en œuvre puis retirées et dont Sarkozy annonce aujourd’hui le retour.

150 millions d’euros devraient être affectes a la formation des chômeurs : Ainsi, ceux qui ne connaissent plus d’activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation. Cela avait déjà été annonce en février 2011, tous les chômeurs de longue durée devaient être reçus dans les 3 mois par Pole Emploi, pour se voir proposer une formation qualifiante ou un emploi. Par ailleurs, même s’il est utile de former, même si quand on a prés de 5 millions de personnes inscrites à Pole Emploi, il ne faut mégoter sur aucun dispositif qui puisse simplement améliorer le sort de quelques uns, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas aujourd’hui le manque de formation qui explique le niveau de chômage actuel.

La ou les allemands consacrent 6 milliards d’euros, 140 millions supplémentaires (la France consacre actuellement 600 millions) sont annonces pour aider au chômage partiel pudiquement appelé développement de l’activité partielle. Une timide avancée qui ne masque pas l’incohérence de cette politique qui propose de partager le chômage (il vaut mieux dans un contexte d’activité ralentie garder le lien avec son entreprise qui pourra plus facilement redémarrer en cas de besoin) et dans le même temps subventionne les heures supplémentaires qui détruisent des emplois !

Les 100 millions d’euros pour le dispositif « zéro charge » pour les jeunes de moins de 26 ans et qui seront applicables dans les TPE ne sont, en fait, qu’une réactivation du dispositif annonce fin 2008, mis en place en 2009 et supprime en 2010. Et pour finir, 39 millions d’euros pour Pole Emploi pour recruter 1000 emplois afin de faire face a l’augmentation du nombre de chômeurs, mais ... en CDD. Il faut rappeler que 1 500 CDD avaient été recrutes pour faire face a la précédente montée du chômage due a la crise, mais qu’ils avaient été remercies en 2011 !

Quant aux sujets qui fâchent, comme la TVA sociale ou la flexibilisation du temps de travail (traites dans notre précédent édito), ils ont été renvoyés a plus tard et feront l’objet d’annonce d’ici la fin du mois de janvier.

Bref, ce sommet social, transforme en sommet de crise a surtout été l’occasion pour Sarkozy de nous servir du réchauffe ! Tout cela est loin d’être à la hauteur. Les salaries, femmes, hommes, jeunes, chômeurs et précaires attendent autre chose ! Autre chose qu’une flexibilisation du travail, accompagne d’un allongement de la durée du travail, d’allégements de charges sociales en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises. Et pour alimenter cette idéologie, voila que les media se font l’écho d’une soit disante étude de Coe-Rexecode (proche du patronat) sur le temps de travail qui affirme que les salaries français travailleraient 225 heures de moins que les salaries allemands. L’imposture est que cette étude exclut les salaries a temps partiel.

Or, la part des salaries a temps partiel en Allemagne est beaucoup plus élevé (26 % contre 18 %) et a cela s’ajoute que le temps de travail des salaries a temps partiel est en Allemagne moins élevé qu’en France (883 h contre 978).

C’est un choix de société qui se cache derrière : nous pouvons effectivement construire une société ou les femmes seraient reléguées aux taches ménagères pendant que les hommes s’affaireraient au travail et du même coup augmenter le temps de travail des hommes. A contrario, pour que femmes et hommes soient impliques a égalité dans la vie professionnelle, il faut procéder au partage du temps de travail ! D’autant que chacun sait que la multiplication des temps partiels n’est pas favorable a l’investissement des salaries et donc a leur productivité. Chacun sait également qu’un temps de travail trop long se traduit par de la fatigue, du stress, de la maladie également peu propice au développement de la productivité des salaries. Ce choix, certes imparfait de la France pour tendre vers l’égalité hommes / femmes, avec un temps de travail mieux partage, n’explique-t-il pas aussi, que la France figure parmi les pays de tête avec les pays scandinaves (qui ont fait ce même choix sur l’égalité professionnelle) ou la production par salarie est une des plus importantes au monde et bien supérieure a celle des salaries allemands ?

Il faut décidément changer de logique : mettre fin a cette idéologie libérale qui fait de la finance et de la rémunération de l’actionnaire le fondamental de l’économie. Sarkozy, le Medef et libéraux de tous poils, nous parlent de manque de compétitive lie au cout du travail, mais oublient curieusement de rappeler que la part des investissements n’a cesse de baisser ces 20 dernières années quand, dans le même temps, la part distribuée aux dividendes n’a cesse d’augmenter !

Il faut abandonner ces politiques d’austérité et tourner notre économie toute entière vers l’économie réelle, vers la satisfaction de tant de besoins aujourd’hui non satisfaits : il manquerait un million de logement en France (la CFDT a signé à ce titre l’appel de la fondation Abbé Pierre. Voir Actu n° 742), nous avons besoin d’infrastructures pour le report modal, développer la transition écologique, les énergies nouvelles, etc. ... du travail et des emplois en perspectives par millions ! Manque sans doute la volonté politique !

 

 
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