21 novembre 2008
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Pour des transports socialement, écologiquement et économiquement responsables

Fédération
Les ministres européens des transports se réunissent à La Rochelle le 1er septembre. C’est pour la CFDT l’occasion de faire entendre la voix des salariés, et elle participe au rassemblement unitaire des syndicats des transports à l’issue duquel une délégation sera reçue par la présidence française.
 
Les Gouvernements de l’Union européenne doivent réviser leur politique
 
Les politiques libérales font des dégâts sociaux, environnementaux et économiques.
 
Le revirement de Sarkozy a permis une révision de la directive sur le temps de travail qui tolère des semaines de travail de 48 heures en moyenne calculée sur 12 mois. La précédente directive avait déjà été utilisée par Fillon pour augmenter le temps de travail des conducteurs routiers, au mépris de leur santé comme de la sécurité des usagers de la route. Qu’en sera-t-il cette fois, si on considère qu’en outre les temps d’attente pourraient, contrairement à nos acquis, ne pas être considérés comme du temps de travail ?
 
Il a fallu attendre le naufrage de l’Erika pour que l’Europe se préoccupe des mesures à prendre pour éviter les marées noires. Il est plus que temps que l’Union européenne se décide à ratifier la Convention Internationale de l’OIT afin de garantir des conditions de vie décentes aux marins et à interdire l’accès de ses ports aux navires pourris.
 
La sécurité aérienne n’est pas une marchandise, la rationalisation de la navigation aérienne dans le ciel européen ne doit pas être la prétexte à privatiser et vendre au plus offrant la fourniture des services indispensables comme la météo ou le contrôle aérien. Le bilan de la libéralisation des services publics est parlant, qu’il s’agisse du prix pour l’usager ou de la qualité de service, mais cela n’empêche pas la Commission européenne de vouloir aller toujours plus loin.
 
Le développement des réseaux trans-européens de transport est un programme dont la nécessité est reconnue, mais il est insuffisamment financé, et essentiellement routier alors que l’amélioration des infrastructures ferroviaires et fluviales, comme la création «d’ autoroutes de la mer » - réellement opérationnelles et comme alternative au « tout-routier » - sont indispensables dans une optique de développement durable.
 
Les enjeux de la Présidence française de l’Union Européenne
 
Le Gouvernement français a fait connaître ses priorités, les dossiers qu’il souhaite faire aboutir. Certaines reprennent des orientations données par le Grenelle de l’Environnement, comme la taxation des circulations de poids lourds pour financer les infrastructures, où l’introduction du transport aérien sur le marché des quotas de carbone. Pour que cela aille dans le bon sens, il faut investir massivement dans la recherche, l’innovation, la sécurisation des parcours professionnels, la santé et la sécurité au travail …
 
Mais les ambitions affichées en matière sociale et de services publics sont particulièrement minces ou ne nous conviennent pas.
 
Pour nous, la directive sur le temps de travail doit être corrigée. La situation des salariés des sociétés étrangères détachés en France doit également être améliorée.
 
Pour nous, les Etats doivent garder la possibilité d’organiser les services publics comme ils l’entendent, sans forcément privatiser ou mettre en concurrence, comme le prévoit le projet de « ciel unique ».
 
Pour nous, la reprise des salariés en cas d’appel d’offres doit être obligatoire, ce qui concerne notamment l’assistance aéroportuaire  et transports publics urbains et interurbains (où le règlement européen la rend non seulement optionnelle).
 
Pour nous, la certification du personnel de bord au niveau européen est devenue nécessaire, cela fait partie des garanties à donner aux salariés et aux usagers pour éviter le dumping social et préserver la sécurité.
 
Pour nous, la complémentarité des modes de transports doit être encouragée, et non le « tout-routier », ce qui nécessite notamment un plan d’action européen pour le wagon isolé.
 
C’est ce que nous irons dire aux ministres des transports de l’Union Européenne.
 
Les politiques européennes, c’est important pour les salariés français
 
Face à des questions cruciales pour l’avenir, et qui dépassent le cadre de chaque Etat, comme la hausse du prix de l’énergie, le réchauffement climatique ou la mondialisation, l’Europe doit être capable d’impulser les régulations dont le monde a besoin.
 
La réglementation européenne fixe un minimum que tous les Etats doivent respecter. La Confédération Européenne des Syndicats (CES), et dans les transports sa branche professionnelle l’ETF (qui sera présente au rassemblement de La Rochelle le 1er septembre) agissent pour qu’elle soit la plus protectrice possible pour les salariés et les citoyens et favorise le développement durable. Ils revendiquent donc notamment une harmonisation des règles sociales en Europe et un cadre légal pour les services publics.
 
Les syndicats de chaque pays agissent solidairement pour que leur Gouvernement aille au-delà de ce minimum et participe à la construction d’une véritable Europe du progrès social, économique et environnemental.
 
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